le jeudi 12 novembre 2009, 15:00
Comment va se dérouler la campagne en centre de vaccination et quand est-ce que les personnes vont recevoir le bon leur permettant de se faire vacciner ?
Selon un calendrier reposant sur le degré de priorité arrêté par le Premier ministre,
chaque personne recevra, de la part de l’Assurance maladie, un courrier de la
ministre de la santé, l’invitant à se faire vacciner.
Les premiers courriers arrivent dès à présent dans les boîtes aux lettres pour une
ouverture des centres depuis le 12 novembre. Ce sont 6 millions de courriers qui
sont envoyés dans un premier temps.
Cette invitation précisera les modalités pratiques de la vaccination et notamment le
lieu où elle sera effectuée (en règle générale, en centre de vaccination dédié). Cette
invitation comportera, au verso, un bon de vaccination à présenter le jour de la
vaccination. Ce bon servira à garantir la traçabilité de la campagne vaccinale.
Que faire si une personne recensée dans l’ordre de priorité ne reçoit pas son bon de vaccination ?
Si une personne recensée dans l’ordre de priorité ne reçoit pas son bon de
vaccination, elle pourra se rendre à la caisse primaire d’Assurance maladie dont elle
dépend et le document lui sera remis.
Elle doit se munir des renseignements qui doivent permettre l’émission du bon :
nom, prénom, numéro de sécurité sociale, date de naissance et code postal de
résidence.
Que faire si l’on n’est pas disponible le jour de la vaccination ?
Cette question ne se pose pas car après réception de l’invitation, la personne
dispose de dix jours pour se présenter dans un centre de vaccination. Ce délai est
indicatif et vise à faciliter l’organisation matérielle de la vaccination et notamment la
fréquence de livraisons des vaccins dans les centres. Toute personne qui se
présenterait au-delà de ce délai serait, bien entendu, vaccinée.
Que faire si l’on perd cette invitation à la vaccination ?
Un dispositif de rattrapage est mis en place d’ici le lancement de la campagne
vaccinale en centre de vaccination. Il s’appuie sur les caisses primaires d’Assurance
maladie.
La personne pourra se rendre à la caisse primaire d’Assurance maladie dont elle
dépend et le document lui sera remis. Elle doit se munir des renseignements qui
doivent permettre l’émission du bon : nom, prénom, numéro de sécurité sociale,
date de naissance et code postal de résidence.
Comment s’organise la vaccination ?
En dehors des professionnels de santé vaccinés dans leurs établissements de santé,
la vaccination sera organisée selon l’ordre de priorité dans des centres de
vaccination : une ou plusieurs équipes pourront chacune prendre en charge 360
personnes par vacation de 4 heures.
Pour assurer la vaccination dans les écoles et certaines collectivités de vie comme
les prisons ou les établissements médicosociaux, des équipes mobiles de
vaccination seront mises en place.
Ce dispositif s’applique tant à la métropole qu’aux départements et territoires
d’Outre-mer, à l’exception de Mayotte, Saint-Pierre et de la Guyane où le dispositif
est adapté aux spécificités locales.
Comment les centres de vaccination sont-ils répartis sur le territoire ?
A ce jour 1 060 centres ont été identifiés par les préfets de département, répartis sur
l’ensemble du territoire.
Leur ouverture est réalisée depuis le jeudi 12 novembre, le dispositif montera
progressivement en puissance en élargissant les plages horaires d’ouverture pour
s’adapter à la demande.
Le dimensionnement des centres de vaccination dépend des données
démographiques et géographiques locales. La définition de leur répartition
territoriale est de la responsabilité des préfets de département.
Comment les centres de vaccination sont-ils approvisionnés en vaccins ?
L’établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (EPRUS) est
chargé de la logistique de la campagne de vaccination (approvisionnement en doses
de vaccins et fourniture des produits de santé consommables nécessaires à la
vaccination.)
Ce sont les grossistes répartiteurs qui procèdent à la livraison des commandes de la
zone de stockage des vaccins jusqu’au centre de vaccination.
A la réception, le chef du centre ou son représentant place sans délai les vaccins
dans le réfrigérateur, restitue les conteneurs isothermes puis signe le bordereau de
réception qu’il conserve et remplit le registre de livraison.
Pourra-t-on choisir son vaccin ?
Seuls les vaccins dotés d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) seront
utilisés pour vacciner la population. Aussi, chacun doit considérer que tous les
vaccins offrent le même niveau d’efficacité et de sécurité. Aussi, il n’est pas prévu
d’offrir le choix du vaccin aux personnes qui viendront se faire vacciner.
En revanche, dans des cas très particuliers, comme celui des femmes enceintes ou
celui de certaines allergies en particulier, le professionnel de santé qui effectuera la
vaccination pourra être amené à choisir un vaccin plutôt qu’un autre.
Quel est le parcours « type » dans un centre de vaccination ?

1 _ Accueil et orientation :
Les personnes se présentant au centre de vaccination sont reçues, le circuit à suivre
leur est expliqué.
2 _ Espace remplissage des fiches médicales individuelles :
Un questionnaire médical est remis à la personne, il contiendra les questions
nécessaires pour identifier les contre-indications à la vaccination.
Les personnes n’ayant mentionné aucun facteur de risque sont dirigées vers le poste
« Entretien médical et prescription ».
Les autres sont orientés vers un médecin pour une consultation médicale.
3 _ Espace entretien médical et prescription :
Un médecin reçoit la personne qui souhaite se faire vacciner.
Au cours de cet entretien, le médecin inscrit sur la fiche médicale individuelle la
prescription vaccinale précisant le nom du vaccin et la dose à administrer ou le cas
échéant, la contre-indication vaccinale.
Il vérifie le consentement de la personne, lui apporte toutes les informations
nécessaires et l’oriente ensuite vers le poste de vaccination.
4 _ Poste de vaccination :
La préparation du vaccin et son injection sont assurées par deux personnels
soignants.
Une fois la vaccination opérée, un agent administratif reporte sur la fiche de
traçabilité les informations suivantes : nom du vaccin, numéro de lot, identification
du centre, date de vaccination (4 bis).
Quels sont les personnels qui composeront les équipes de vaccination ?
Les équipes de vaccination sont composées de professionnels de santé (médecins
internes en médecine, infirmières diplômées d’Etat) et de personnels de santé
placés sous leur responsabilité (étudiants en médecine, élèves infirmiers de
troisième année).
Les personnels de santé qui sont mobilisés dans ces centres sont placés sous le
statut juridique de la réquisition, cadre d’emploi qui couvre la responsabilité des
professionnels concernés.
Afin de ne pas entamer les capacités de prise en charge, il a été demandé aux
préfets de solliciter en priorité les étudiants et les professionnels récemment
retraités depuis moins de 5 ans.
Quels sont les effets secondaires attendus ? Comment seront-ils pris en compte ?
En se fondant sur les résultats de la surveillance des effets secondaires des vaccins
contre la grippe saisonnière produits selon des procédés analogues et déjà
commercialisés depuis plusieurs années et sur ceux des essais cliniques, les effets
secondaires attendus sont similaires à ceux que l’on observe après la vaccination
contre la grippe saisonnière.
Les vaccins contre la grippe saisonnière sont bien tolérés. S’ils surviennent, les
événements indésirables sont le plus souvent mineurs, prenant surtout la forme de
réactions locales (douleur, rougeur, gonflement) au point d’injection ou de fièvre
modérée, et ne durent pas plus de 48 heures.
Que faire si une personne ressent des effets indésirables ?
Une fiche de déclaration « pandémie grippale » a été mise en place par l'AFSSAPS.
Elle permettra de déclarer spécifiquement des événements indésirables pour les
vaccins antigrippaux A(H1N1).
Cette fiche sera téléchargeable sur le site de l’AFSSAPS (http://www.afssaps.fr/).
Une fois dûment remplie, elle devra être adressée au centre régional de
pharmacovigilance (CRPV) couvrant le département de résidence du patient
déclarant.
Elle sera également disponible sur les sites internet de plusieurs réseaux de
médecins généralistes et des ordres nationaux des médecins et des pharmaciens.
Des formulaires de déclaration seront également disponibles dans les centres de
vaccination.
Enfin, dans des cas exceptionnels, les professionnels de santé pourront déclarer les
événements indésirables dont ils ont connaissance par téléphone.
Dans le contexte particulier de la pandémie grippale, l’AFSSAPS a renforcé le
système habituel de notification par les professionnels de santé en autorisant la
notification directe par les patients, afin de disposer de toute information pouvant
constituer un signal, quelle que soit la source.
Les patients pourront donc déclarer eux-mêmes les effets indésirables liés à la
vaccination et trouveront sur le site de l’AFSSAPS une fiche téléchargeable à
remplir. Il leur est toutefois conseillé systématiquement de consulter leur médecin.
Les vaccins contre la grippe A(H1N1) pandémique protègent-ils contre la grippe saisonnière ?
Non, les vaccins contre la grippe A(H1N1) pandémique ne protègent pas contre la
grippe saisonnière car ils ne sont pas fabriqués à partir des mêmes virus.
Inversement, les vaccins contre la grippe saisonnière ne protègent pas contre le
nouveau virus de la grippe A(H1N1).
Il existe un risque de confusion du fait qu’un autre virus de type A(H1N1) circule
dans la population au cours des épidémies saisonnières et qu’il fait donc partie du
vaccin saisonnier. Mais il est différent du nouveau virus apparu au printemps.
Est-il possible de se faire vacciner contre la grippe saisonnière et la grippe A(H1N1) simultanément ?
Un intervalle minimal de 21 jours doit être respecté entre l’administration d’une
dose du vaccin saisonnier et l’administration de la première dose de vaccin contre la
grippe A(H1N1).
Est-il possible de se faire vacciner avec un vaccin pandémique contre la grippe A(H1N1) en même temps qu’un autre vaccin ?
Oui. Dès lors qu’ils ne sont pas administrés le même jour, il n’y a pas lieu de
respecter un délai particulier entre le vaccin contre la grippe A(H1N) et tout autre
vaccin du calendrier vaccinal.
Quelle est la composition des vaccins
Les vaccins comportent un principe actif dénommé « antigène ».
C’est cet élément qui va induire une réponse immunitaire capable de protéger
l’individu contre l’infection naturelle ou d’en atténuer significativement les
conséquences (bactéries ou virus vivants atténués, agent bactérien ou viral entier
inactivé, fractions antigéniques ou sous-unités vaccinantes).
Les autres composants sont :
- les adjuvants qui stimulent la réaction immunitaire induite par les vaccins
(cf. infra.) ;
- les conservateurs (Thiomersal) qui évitent le risque infectieux ;
- et des agents inactivants (formaldéhyde) pour l’inactivation et la
détoxification des agents infectieux.
Que sont les adjuvants et à quoi servent-ils ?
Certains vaccins contre la grippe A(H1N1) contiennent des adjuvants. Ces
adjuvants servent :
- à limiter la quantité d’antigène nécessaire pour obtenir la réaction
immunitaire permettant de protéger la personne vaccinée. Les vaccins
adjuvés contiennent donc moins de « principe actif » ;
- à élargir le spectre d’efficacité des vaccins, ce qui permet aux vaccins d’agir
même contre un virus qui se serait légèrement modifié.
Ces deux éléments sont particulièrement intéressants en cas de pandémie, puisque,
le virus étant un nouveau virus :
- diminuer la quantité d’antigène nécessaire permet d’augmenter le nombre de
vaccins produits dans une période donnée ;
- d’autre part, les nouveaux virus évoluent souvent spontanément, et c’est
particulièrement le cas pour les virus de la grippe. L’élargissement du spectre
d’action permet donc d’augmenter la garantie d’efficacité des vaccins.
C’est pourquoi les vaccins acquis dans le cadre de la pandémie A(H1N1)
comportent dans leur grande majorité des adjuvants.
Les adjuvants utilisés dans les vaccins de GSK, de Novartis et dans un vaccin de
Sanofi sont à base de squalène (huile de foie de requin). Le squalène est une
substance que l'on trouve à l'état naturel dans les plantes, chez l'animal et chez
l'homme. Dans l'organisme humain, il est synthétisé dans le foie et véhiculé par la
circulation sanguine. On le trouve également dans différents aliments, médicaments
en vente libre et compléments alimentaires. Il est commercialement extrait de
l'huile de poisson, en particulier de l'huile de foie de requin. Il est ensuite purifié et
utilisé dans certains produits pharmaceutiques et vaccins.
Le risque associé à la présence d’adjuvants à base de squalène dans les vaccins
grippaux A(H1N1) est actuellement théorique. En effet, les données chez l’animal
n’ont permis de retrouver aucun effet toxique.
L’un de ces adjuvants (MF59) est d’ailleurs présent dans des vaccins déjà
administrés à plusieurs dizaines de millions d’exemplaires, notamment l’un des
vaccins utilisés contre la grippe saisonnière en Europe (environ 47 millions de
doses administrées depuis 1997). La large utilisation de ce vaccin n’a pas conduit au
signalement d’effets indésirables post-vaccinaux importants et témoigne de sa
bonne tolérance.
Une ou deux doses ?
Le schéma vaccinal à deux injections est à ce stade maintenu pour l’ensemble de la
population. Des essais en cours doivent permettre de valider la pérennité de la
protection offerte par la première dose vaccinale.