Comment va se dérouler la campagne en centre de vaccination et quand est-ce que les personnes vont recevoir le bon leur permettant de se faire vacciner ?

Selon un calendrier reposant sur le degré de priorité arrêté par le Premier ministre, chaque personne recevra, de la part de l’Assurance maladie, un courrier de la ministre de la santé, l’invitant à se faire vacciner. Les premiers courriers arrivent dès à présent dans les boîtes aux lettres pour une ouverture des centres depuis le 12 novembre. Ce sont 6 millions de courriers qui sont envoyés dans un premier temps. Cette invitation précisera les modalités pratiques de la vaccination et notamment le lieu où elle sera effectuée (en règle générale, en centre de vaccination dédié). Cette invitation comportera, au verso, un bon de vaccination à présenter le jour de la vaccination. Ce bon servira à garantir la traçabilité de la campagne vaccinale.

Que faire si une personne recensée dans l’ordre de priorité ne reçoit pas son bon de vaccination ?

Si une personne recensée dans l’ordre de priorité ne reçoit pas son bon de vaccination, elle pourra se rendre à la caisse primaire d’Assurance maladie dont elle dépend et le document lui sera remis. Elle doit se munir des renseignements qui doivent permettre l’émission du bon : nom, prénom, numéro de sécurité sociale, date de naissance et code postal de résidence.

Que faire si l’on n’est pas disponible le jour de la vaccination ?

Cette question ne se pose pas car après réception de l’invitation, la personne dispose de dix jours pour se présenter dans un centre de vaccination. Ce délai est indicatif et vise à faciliter l’organisation matérielle de la vaccination et notamment la fréquence de livraisons des vaccins dans les centres. Toute personne qui se présenterait au-delà de ce délai serait, bien entendu, vaccinée. Que faire si l’on perd cette invitation à la vaccination ? Un dispositif de rattrapage est mis en place d’ici le lancement de la campagne vaccinale en centre de vaccination. Il s’appuie sur les caisses primaires d’Assurance maladie. La personne pourra se rendre à la caisse primaire d’Assurance maladie dont elle dépend et le document lui sera remis. Elle doit se munir des renseignements qui doivent permettre l’émission du bon : nom, prénom, numéro de sécurité sociale, date de naissance et code postal de résidence.

Comment s’organise la vaccination ?

En dehors des professionnels de santé vaccinés dans leurs établissements de santé, la vaccination sera organisée selon l’ordre de priorité dans des centres de vaccination : une ou plusieurs équipes pourront chacune prendre en charge 360 personnes par vacation de 4 heures. Pour assurer la vaccination dans les écoles et certaines collectivités de vie comme les prisons ou les établissements médicosociaux, des équipes mobiles de vaccination seront mises en place. Ce dispositif s’applique tant à la métropole qu’aux départements et territoires d’Outre-mer, à l’exception de Mayotte, Saint-Pierre et de la Guyane où le dispositif est adapté aux spécificités locales. Comment les centres de vaccination sont-ils répartis sur le territoire ? A ce jour 1 060 centres ont été identifiés par les préfets de département, répartis sur l’ensemble du territoire. Leur ouverture est réalisée depuis le jeudi 12 novembre, le dispositif montera progressivement en puissance en élargissant les plages horaires d’ouverture pour s’adapter à la demande. Le dimensionnement des centres de vaccination dépend des données démographiques et géographiques locales. La définition de leur répartition territoriale est de la responsabilité des préfets de département.

Comment les centres de vaccination sont-ils approvisionnés en vaccins ?

L’établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (EPRUS) est chargé de la logistique de la campagne de vaccination (approvisionnement en doses de vaccins et fourniture des produits de santé consommables nécessaires à la vaccination.) Ce sont les grossistes répartiteurs qui procèdent à la livraison des commandes de la zone de stockage des vaccins jusqu’au centre de vaccination. A la réception, le chef du centre ou son représentant place sans délai les vaccins dans le réfrigérateur, restitue les conteneurs isothermes puis signe le bordereau de réception qu’il conserve et remplit le registre de livraison.

Pourra-t-on choisir son vaccin ?

Seuls les vaccins dotés d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) seront utilisés pour vacciner la population. Aussi, chacun doit considérer que tous les vaccins offrent le même niveau d’efficacité et de sécurité. Aussi, il n’est pas prévu d’offrir le choix du vaccin aux personnes qui viendront se faire vacciner. En revanche, dans des cas très particuliers, comme celui des femmes enceintes ou celui de certaines allergies en particulier, le professionnel de santé qui effectuera la vaccination pourra être amené à choisir un vaccin plutôt qu’un autre.

Quel est le parcours « type » dans un centre de vaccination ? parcours type

1 _ Accueil et orientation : Les personnes se présentant au centre de vaccination sont reçues, le circuit à suivre leur est expliqué.

2 _ Espace remplissage des fiches médicales individuelles : Un questionnaire médical est remis à la personne, il contiendra les questions nécessaires pour identifier les contre-indications à la vaccination. Les personnes n’ayant mentionné aucun facteur de risque sont dirigées vers le poste « Entretien médical et prescription ». Les autres sont orientés vers un médecin pour une consultation médicale.

3 _ Espace entretien médical et prescription : Un médecin reçoit la personne qui souhaite se faire vacciner. Au cours de cet entretien, le médecin inscrit sur la fiche médicale individuelle la prescription vaccinale précisant le nom du vaccin et la dose à administrer ou le cas échéant, la contre-indication vaccinale. Il vérifie le consentement de la personne, lui apporte toutes les informations nécessaires et l’oriente ensuite vers le poste de vaccination.

4 _ Poste de vaccination : La préparation du vaccin et son injection sont assurées par deux personnels soignants. Une fois la vaccination opérée, un agent administratif reporte sur la fiche de traçabilité les informations suivantes : nom du vaccin, numéro de lot, identification du centre, date de vaccination (4 bis).

Quels sont les personnels qui composeront les équipes de vaccination ?

Les équipes de vaccination sont composées de professionnels de santé (médecins internes en médecine, infirmières diplômées d’Etat) et de personnels de santé placés sous leur responsabilité (étudiants en médecine, élèves infirmiers de troisième année). Les personnels de santé qui sont mobilisés dans ces centres sont placés sous le statut juridique de la réquisition, cadre d’emploi qui couvre la responsabilité des professionnels concernés. Afin de ne pas entamer les capacités de prise en charge, il a été demandé aux préfets de solliciter en priorité les étudiants et les professionnels récemment retraités depuis moins de 5 ans.

Quels sont les effets secondaires attendus ? Comment seront-ils pris en compte ?

En se fondant sur les résultats de la surveillance des effets secondaires des vaccins contre la grippe saisonnière produits selon des procédés analogues et déjà commercialisés depuis plusieurs années et sur ceux des essais cliniques, les effets secondaires attendus sont similaires à ceux que l’on observe après la vaccination contre la grippe saisonnière. Les vaccins contre la grippe saisonnière sont bien tolérés. S’ils surviennent, les événements indésirables sont le plus souvent mineurs, prenant surtout la forme de réactions locales (douleur, rougeur, gonflement) au point d’injection ou de fièvre modérée, et ne durent pas plus de 48 heures. Que faire si une personne ressent des effets indésirables ? Une fiche de déclaration « pandémie grippale » a été mise en place par l'AFSSAPS. Elle permettra de déclarer spécifiquement des événements indésirables pour les vaccins antigrippaux A(H1N1). Cette fiche sera téléchargeable sur le site de l’AFSSAPS (http://www.afssaps.fr/). Une fois dûment remplie, elle devra être adressée au centre régional de pharmacovigilance (CRPV) couvrant le département de résidence du patient déclarant. Elle sera également disponible sur les sites internet de plusieurs réseaux de médecins généralistes et des ordres nationaux des médecins et des pharmaciens. Des formulaires de déclaration seront également disponibles dans les centres de vaccination. Enfin, dans des cas exceptionnels, les professionnels de santé pourront déclarer les événements indésirables dont ils ont connaissance par téléphone. Dans le contexte particulier de la pandémie grippale, l’AFSSAPS a renforcé le système habituel de notification par les professionnels de santé en autorisant la notification directe par les patients, afin de disposer de toute information pouvant constituer un signal, quelle que soit la source. Les patients pourront donc déclarer eux-mêmes les effets indésirables liés à la vaccination et trouveront sur le site de l’AFSSAPS une fiche téléchargeable à remplir. Il leur est toutefois conseillé systématiquement de consulter leur médecin.

Les vaccins contre la grippe A(H1N1) pandémique protègent-ils contre la grippe saisonnière ?

Non, les vaccins contre la grippe A(H1N1) pandémique ne protègent pas contre la grippe saisonnière car ils ne sont pas fabriqués à partir des mêmes virus. Inversement, les vaccins contre la grippe saisonnière ne protègent pas contre le nouveau virus de la grippe A(H1N1). Il existe un risque de confusion du fait qu’un autre virus de type A(H1N1) circule dans la population au cours des épidémies saisonnières et qu’il fait donc partie du vaccin saisonnier. Mais il est différent du nouveau virus apparu au printemps.

Est-il possible de se faire vacciner contre la grippe saisonnière et la grippe A(H1N1) simultanément ?

Un intervalle minimal de 21 jours doit être respecté entre l’administration d’une dose du vaccin saisonnier et l’administration de la première dose de vaccin contre la grippe A(H1N1).

Est-il possible de se faire vacciner avec un vaccin pandémique contre la grippe A(H1N1) en même temps qu’un autre vaccin ?

Oui. Dès lors qu’ils ne sont pas administrés le même jour, il n’y a pas lieu de respecter un délai particulier entre le vaccin contre la grippe A(H1N) et tout autre vaccin du calendrier vaccinal.

Quelle est la composition des vaccins

Les vaccins comportent un principe actif dénommé « antigène ». C’est cet élément qui va induire une réponse immunitaire capable de protéger l’individu contre l’infection naturelle ou d’en atténuer significativement les conséquences (bactéries ou virus vivants atténués, agent bactérien ou viral entier inactivé, fractions antigéniques ou sous-unités vaccinantes). Les autres composants sont : - les adjuvants qui stimulent la réaction immunitaire induite par les vaccins (cf. infra.) ; - les conservateurs (Thiomersal) qui évitent le risque infectieux ; - et des agents inactivants (formaldéhyde) pour l’inactivation et la détoxification des agents infectieux.

Que sont les adjuvants et à quoi servent-ils ?

Certains vaccins contre la grippe A(H1N1) contiennent des adjuvants. Ces adjuvants servent : - à limiter la quantité d’antigène nécessaire pour obtenir la réaction immunitaire permettant de protéger la personne vaccinée. Les vaccins adjuvés contiennent donc moins de « principe actif » ; - à élargir le spectre d’efficacité des vaccins, ce qui permet aux vaccins d’agir même contre un virus qui se serait légèrement modifié. Ces deux éléments sont particulièrement intéressants en cas de pandémie, puisque, le virus étant un nouveau virus : - diminuer la quantité d’antigène nécessaire permet d’augmenter le nombre de vaccins produits dans une période donnée ; - d’autre part, les nouveaux virus évoluent souvent spontanément, et c’est particulièrement le cas pour les virus de la grippe. L’élargissement du spectre d’action permet donc d’augmenter la garantie d’efficacité des vaccins. C’est pourquoi les vaccins acquis dans le cadre de la pandémie A(H1N1) comportent dans leur grande majorité des adjuvants.

Les adjuvants utilisés dans les vaccins de GSK, de Novartis et dans un vaccin de Sanofi sont à base de squalène (huile de foie de requin). Le squalène est une substance que l'on trouve à l'état naturel dans les plantes, chez l'animal et chez l'homme. Dans l'organisme humain, il est synthétisé dans le foie et véhiculé par la circulation sanguine. On le trouve également dans différents aliments, médicaments en vente libre et compléments alimentaires. Il est commercialement extrait de l'huile de poisson, en particulier de l'huile de foie de requin. Il est ensuite purifié et utilisé dans certains produits pharmaceutiques et vaccins. Le risque associé à la présence d’adjuvants à base de squalène dans les vaccins grippaux A(H1N1) est actuellement théorique. En effet, les données chez l’animal n’ont permis de retrouver aucun effet toxique. L’un de ces adjuvants (MF59) est d’ailleurs présent dans des vaccins déjà administrés à plusieurs dizaines de millions d’exemplaires, notamment l’un des vaccins utilisés contre la grippe saisonnière en Europe (environ 47 millions de doses administrées depuis 1997). La large utilisation de ce vaccin n’a pas conduit au signalement d’effets indésirables post-vaccinaux importants et témoigne de sa bonne tolérance.

Une ou deux doses ?

Le schéma vaccinal à deux injections est à ce stade maintenu pour l’ensemble de la population. Des essais en cours doivent permettre de valider la pérennité de la protection offerte par la première dose vaccinale.